Rugby - Top 14 : Le tour de Midi Olympique

Publié le par coquelicot93

Le tour de Midi Olympique

Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux du Midi Olympique décryptent pour vous les moments forts de la 22e journée du Top 14. De la victoire berjallienne à Albi à la débâcle parisienne en passant par le récital toulousain ou les frayeurs de Perpignan, tour d'horizon.


Bayonne/Clermont (22-13) -
Marc DUZAN


Bayonne respire encore. Le couteau sous la gorge, la bave aux lèvres et la peur au ventre, les Basques ont vendredi soir logiquement battu l'ASMCA. Et quand bien même les Jaunards étaient privés au stade Jean Dauger de sept de leurs internationaux français et italien (Canale, Parra, Domingo, Bonnaire, Pierre, Lapandry et Malzieu), on préfèrera s'attarder là sur la première mi-temps spectaculaire des Bayonnais. Quelle vitesse ! Quel rythme ! Et quel essai de l'ailier sud-africain Sam Gerber, une nouvelle fois excellent vendredi soir ! Vous nous direz peut-être que l'on exagère. Mais il y avait quelque chose des Harlem Globe Trotters, vendredi soir, chez les attaquants bleu et blancs...


Toulon/Castres (19-6) -
Nicolas ZANARDI


Toulon y croit, plus que jamais. Vendredi face à Castres, le RCT a remporté son quatorzième succès de la saison, soit un de mieux que le leader tarnais. Mieux : avec ce succès, l'équipe de Philippe Saint-André est devenue rien moins que l'équipe française ayant gagné le plus de matchs cette saison (19), fort de ses cinq succès en Challenge européen.


Forte d'un pareil culte de la gagne, la formation varoise fait de plus en plus peur. Et il y a de quoi. Emmenés par un pack conquérant dans le sillage de
Laurent Emmanuelli, et des individualités de premier plan derrière à l'image d'un Sonny Bill Williams stratosphérique, les coéquipiers de Van Niekerk sont en route pour un quart de finale à domicile qu'il faudra être très, très fort pour leur contester. Et quand on sait que les demi-finales se joueront à Saint-Etienne et Montpellier, c'est-à-dire pas si loin du Mont Faron, on imagine déjà la cohorte de supporters varois se déplacer pour soutenir leur équipe. Jusqu'à Paris ? Du côté de Mayol, personne n'en parle encore. Mais tout le monde en rêve. Si fort que l'on commence à les entendre...


Toulouse/Montpellier (34-3) -
Grégory LETORT


Il n'était pas au Stade de France avec les Bleus pour atomiser l'Italie (46-20). Cédric Heymans (31 ans, 54 sélections), l'ailier polyvalent du Stade toulousain a été snobé depuis l'ouverture du Tournoi 6 Nations. Victime collatérale de la déroute de novembre contre les All Blacks au Vélodrome ? En tout cas, si les blessures se sont multipliées pour les ailiers durant le Tournoi – Rougerie, Fall, Palisson, Clerc – il n'est pas revenu dans le squad. Mais pendant que les Bleus filent vers le Grand Chelem, Heymans a gardé le silence. Pas un mot pour se plaindre, pour vitupérer ou pour se désoler des choix. Mais des efforts silencieux. Et il a fourni sa réponse sur le terrain vendredi soir contre Montpellier. Un match parfait, dans la lignée de ses deux saisons post-Mondial 2007. Un essai opportuniste mais surtout une action de grande classe pour offrir une passe décisive à Jean Bouilhou. Pour le reste, rien à redire : 10/10 en défense, dans son jeu au pied, dans sa présence permanente sur les soutiens et sur ses interventions dans la ligne. Heymans est toujours au plus haut niveau. Mine de rien c'est un enseignement du triomphe contre Montpellier. C'est bon à savoir pour Toulouse. Quant à Marc Lièvremont et Emile Ntamack, ils peuvent en prendre bonne note.


Albi/Bourgoin (7-17) -
Emmanuel MASSICARD


Clap de fin sur l'aventure du SCA en Top 14. Comme prévu, avant l'heure, son destin est donc scellé : après sa défaite contre Bourgoin (7-17), le club Jaune et noir va tenter de se relancer en ProD2 l'an prochain. Vendredi soir, l'ambiance était étrange. Dans un Stadium qui sonnait creux, les hommes de Vincent Clément ont livré leur plus belle prestation de la saison. La plus accomplie. Ils ont osé, tenté, multiplié les attaques. Sans marquer. Et, comme si tout était déjà écrit, le SCA accepta les coups du sort qui allaient offrir la victoire aux Berjalliens. Tête basse. Sans révolte, ni sursaut d'orgueil, les Tarnais ont mis pied à terre. Un symbole : la fureur de vivre qui animait les "piliers" de l'aventure albigeoise -et qui se transmettait de saison en saison- s'est éteinte.


Brive/Stade français (26-14) -
Jérôme PREVOT


High Noon, le titre original du "Train sifflera trois fois", le classique western des années 50 avec Gary Cooper en vedette impavide. Samedi, Brive a battu le Stade français et s'est donné le droit de rêver encore aux barrages et à la Coupe d'Europe. Au milieu de beau succès, un homme, Jamie Noon, international anglais confirmé, qui s'est consacré comme d'habitude aux tâches les plus obscures. Il n'a pas touché le ballon par exemple, sur le magnifique essai de Nicolas Jeanjean. Mais quel travail en leurre et en défense . cet homme-là, n'est pas venu en France pour s'économiser. Il a joué 21 des 22 matchs du championnat et s'est évertué à parler le meilleur français possible. Il honore le maillot blanc qu'il a porté naguère et que Martin Johnson lui refuse depuis quinze mois. Il aurait mérité d'être au Stade de France samedi.


Perpignan/Biarritz (19-14) -
Charles GAUDIN


Si Perpignan conserve encore son invincibilité à domicile cette saison, en championnat, il le doit notamment au manque de réalisme criant du Biarritz olympique. Vendredi soir à Aimé-Giral, l'Usap l'a emporté d'une courte marge sur le BO (19-14) mais, il aurait bien pu, au terme des quarante premières minutes, avoir quasiment match perdu. Car les Basques, menés 10 à 8 au repos, ont manqué trois essais qui semblaient inéluctables. A la 22e, d'abord, Trevor Hall récupérait un ballon dans les vingt-deux mètres catalans après une jolie initiative de Valentin Courrent. Las, le troisième ligne sud-africain s'effondrait dans l'en-but, pensant avoir marqué. A tort, puisque la vidéo ne confirmait pas son impression. A la 23e minute, ensuite, Philippe Bidabé échouait à un mètre de l'en-but de l'Usap, sous les poteaux. Sans un retour désespéré de Nicolas Durand, le centre basque aurait marqué. Enfin, à la 40e, Takudzwa Ngwenya, lancé par Courrent après une relance de Florian Faure, filait inexorablement à l'essai. C'était sans compter sur une cuillère de la dernière chance tentée, et réussie, par Gerrie Britz. Trois occasions très franches d'essais et pas le moindre points. Quand on échoue à cinq petits points de son adversaire au final, il y a de quoi enrager.


Montauban
/Racing-Metro (45-31) -
Bruno FABIOUX


Il n'y a guère d'autre alternative, en matière de charnière, que de grincer ou d'être bien huilée. A Montauban, samedi soir, à l'occasion de la venue du Racing-Metro 92, l'articulation entre avant-trois-quarts s'est ainsi faite par la grâce d'une charnière parfaitement ointe. Qu'il s'agisse de Julien Larroque, numéro 9 remplaçant de 19 ans, qui justifia les quatre minutes qu'on lui offrit en fin de match pour s'offrir un essai de briscard. Qu'il s'agisse de Mathieu Bélie, qui, avant de céder sa place à celui-ci, avait largement croqué dans son retour à la compétition. Qu'il s'agisse de Cédric Rosalen, "Monsieur Rosalen", l'homme au pied droit en or, touché par la grâce ce samedi à Sapiac. Trois transformations sur trois, six pénalités sur sept, deux drops-goals sur deux - "Elles sont pas belles mes stats" -, l'ouvreur et buteur du MTGXV a été, comme on dit, "le grand artisan" de la victoire de son équipe dans sa course au maintien. En face de Cédric Rosalen, côté "parigot", un certain Andrew Mehrtens.

Source : Rugbyrama

Publié dans Rugby

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