Un peu de glace?

Publié le par coquelicot93

Un peu de glace?

C'est l'heure du bilan pour la délégation française. Chacun verra selon son propre tropisme un verre aux deux-tiers plein (11 médailles, record de Salt Lake City égalé) ou à moitié vide (seulement 2 médailles d'or, 12e place au tableau des médailles). Le biathlon, sauveur de la patrie bleue, sera justement encensé. Le ski alpin, à l'inverse, ne manquera pas de se faire tailler. Non sans raisons, vu son piètre bilan. Mais le niveau global de l'alpin français n'est pas si mauvais. Il n'avait même pas été aussi dense depuis plusieurs saisons. Tout n'est pas à jeter, et la faiblesse de son carnet de notes canadien tient autant aux circonstances qu'à un problème structurel, même si des choses sont à revoir.


A mes yeux, il y a beaucoup plus inquiétant que le ski alpin dans le bilan de l'équipe de France olympique. Globalement, depuis une vingtaine d'années, la France tourne autour d'une dizaine de médailles par édition. Or les Jeux d'hiver, c'est de la neige, mais aussi de la glace. Si elle veut franchir un cap à l'avenir, et lorgner sur la barre des 20 médailles, c'est donc d'abord sur les sports de glace que l'effort doit être mis. Un domaine dans lequel, pour la deuxième fois consécutive, nous n'avons pas décroché la moindre médaille. Aujourd'hui, les Français sont quasiment inexistants dans près de la moitié du programme olympique des Jeux d'hiver. Ça ne peut pas continuer éternellement comme ça.


Il faut savoir ce que l'on veut et se pencher sur certaines réalités comptables. Le patinage de vitesse et le short track représentent 54 médailles. Ajoutez à cela le bobsleigh, la luge et le skeleton, et vous atteignez les 80 médailles. La France n'en a pas obtenu une seule sur ce quota. Histoire de se faire une petite idée de la manne que peuvent représenter ces sports, l'Allemagne a raflé près de 50% de ses podiums dans les sports de glace (14 sur 30). La Corée du Sud ou les Pays-Bas, deux nations qui ont terminé devant nous dans la hiérarchie à Vancouver, effectuent la quasi-totalité de leur moisson en patinage de vitesse et short track. Le potentiel se trouve là.


Pour des raisons stratégiques, la fédération française des sports de glace a tout misé sur le patinage artistique depuis de nombreuses années. Un choix discutable. Le fiasco de Vancouver, notamment celui de Brian Joubert, devrait inciter la FFSG à revoir sa copie. A concentrer les ambitions et les moyens sur un ou deux champions, on s'expose à des déconvenues. Pendant ce temps, un Alexis Contin a bien du mérite à obtenir une 4e et une 5e place aux J.O. en patinage de vitesse quand on sait que la France ne dispose même pas d'un anneau de patinage.


Contin, c'est un tiers-mondiste du sport français. Il serait peut-être temps de s'intéresser à ces champions et à ces disciplines. De leur donner un minimum de considération. La FFSG doit faire sa révolution. Il n'y a rien d'impossible. Regardez ce qu'était le ski de fond français il y a 10 ou 15 ans. Il n'a certes pas ramené de médaille à Vancouver, mais ses athlètes sont compétitifs et la France dispose d'un vrai groupe. Pour élargir aux sports d'été, que dire de la natation? Les bons exemples à suivre existent. Encore faut-il que l'exemple viennent d'en haut. Didier Gailhaguet, le patron de la FFSG, a promis un changement stratégique. Dont acte. Mais il faut commencer vite. Sotchi sera vite arrivé. Et nous partons de zéro, pour ne pas dire moins...

Source : Eurosport

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