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Battu pour la première fois depuis sept mois à Saint-Etienne (3-1), Bordeaux a perdu son fauteuil de leader. Mais Laurent Blanc rejette les excuses qui lui tendent pourtant les bras : le calendrier, le turnover ou le réveil de l'ASSE. L'entraîneur critique surtout l'attitude de son équipe.
On perd facilement l'habitude de la défaite. Il faut dire que Bordeaux n'avait plus connu celle-ci depuis le 7 mars et un déplacement à Toulouse (0-3), soit 22 matches. Une éternité. Tombés dans le Forez face à une bonne équipe de Saint-Etienne (3-1), les Girondins accusent le coup. Pourtant, les excuses de leur manquent pas. D'abord, ils pourraient mettre en avant le renouveau de l'ASSE qui a signé samedi soir son "match référence" selon son entraîneur Alain Perrin. Ce dernier met également le doigt sur un autre point. "Nous avons profité du calendrier des équipes évoluant en Ligue des Champions, avoue-t-il. Nous avons mis fin à la série de Bordeaux mais c'est anecdotique. C'était aussi un challenge de beaucoup d'équipes. C'était le bon moment après un match de Ligue des Champions pour affronter Bordeaux".
Le match face au Maccabi Haïfa (1-0), mercredi, a sans doute pesé lourd dans les jambes. "Celui d’Haïfa, celui de Rennes, les précédents…, insiste Laurent Blanc. Physiquement, on est vraiment émoussés".Pourtant, l'entraîneur réfute également cet argument. "Il ne faut pas se cacher derrière le calendrier, affirme-t-il après avoir trois matches en une semaine. Saint-Etienne avait plus d'envie et de fraîcheur physique et a profité des largesses de notre défense et notre animation sur les côtés a été minimes". Pourtant, l'entraîneur avait largement remanié son équipe afin d'insuffler du sang neuf. A Geoffroy-Guichard, seuls trois joueurs (Carrasso, Diarra et Ciani) étaient titulaires face au Maccabi...
Trop de changements ?
Un choix discutable. Bordeaux avait-il besoin d'opérer un turnover aussi large ? En manque de repères, les Girondins ont connu un véritable naufrage en première période. "Je tiens un discours où je dis que j’ai besoin de tout le monde. Si, au bout du troisième match, vous n’utilisez pas un maximum de joueurs, votre discours est faux. J'ai horreur de cela", se défend Blanc. Mais c'est surtout le comportement de ses joueurs laisse le "Président" sur sa faim. "On ne peut pas se permettre de ne jouer que 45 minutes. En première période, on n'a pas joué", accuse-t-il. Si cette défaite est la faute de Saint-Etienne, elle est donc aussi celle de Bordeaux. "On était prêts à ces changements mais on n'y a jamais été pendant les 45 premières minutes, tente d'expliquer Cédric Carrasso. On va réfléchir ensemble et se remobiliser".
En seconde période, ce sont les entrées de Chamakh, Wendel et Cavaneghi qui ont soulagé les Bordelais. Est-ce à dire que les habituels remplaçants n'ont pas été à la hauteur ? "Sur ce match, il y avait quelques nouveaux joueurs et d’autres qui n’avaient pas eu beaucoup de temps de jeu en championnat. Nous sommes certains de leur potentiel. Ils peuvent jouer, encore faut-il le démontrer sur le terrain". Le message de Laurent Blanc est clair. Alou Diarra, lui, se montre moins diplomate. "Les joueurs qui étaient sur le terrain sont tous licenciés aux Girondins de Bordeaux mais il fallait le démontrer. Ces changements ne sont pas une excuse", tonne le capitaine.
"Améliorer certaines choses"
Sur un nuage depuis plusieurs mois, Bordeaux est aujourd'hui revenu sur terre. Tombée de son fauteuil de leader au profit de Lyon, l'équipe au scapulaire vit son revers comme une bonne piqure de rappel. "Saint-Etienne a prouvé qu'on n'était pas imbattables", souligne Alou Diarra. Tout n'est donc pas si parfaits dans le monde des Girondins. Pour conserver leur titre, la route sera encore longue. Et la trêve internationale arrive visiblement à point nommé. "Elle va nous faire du bien mais elle ne profitera pas à tout le monde car nous avons des internationaux. Nous allons récupérer en cherchant à améliorer certaines choses", confirme Laurent Blanc. Débarrassé de son statut d'équipe invincible, Bordeaux pourra alors reprendre sa marche en avant.
Source : Eurosport