Vancouver 2010 : Mancuso, l'anti-Vonn
Si Lindsey Vonn peut se vanter d'avoir offert à son pays la première médaille d'or olympique en descente de son histoire, Julia Mancuso peut également bomber le torse. Sacrée lors du géant il y a quatre ans à Turin, l'Américaine vient d'ajouter deux médailles d'argent à sa collection. Cette performance lui permet de devenir la skieuse US la plus récompensée aux JO avec trois podiums. "Nous avons deux histoires distinctes, mais nous représentons le même pays. Cela me fait plaisir qu'on soit ensemble sur le podium", s'était-elle empressée de dire à qui bon voulait l'entendre après l'épreuve reine. Tout irait donc bien dans le meilleur des mondes... My foot ! (*)
Ce n'est plus un secret pour personne mais Lindsey et Julia ne sont pas les meilleures amies du monde. A vrai dire, les deux filles n'ont pas grand chose en commun. Elles ne s'entrainent pas ensemble et, chaque hiver, ne se voient que sur les épreuves de Coupe du monde. Dans le numéro de février de Ski Chrono, notre confrère d'Eurosport France, Alexandre Pasteur, appréciait chez Vonn "son sourire ultra brite, ce mélange de douceur, de finesse et de puissance que son ski dégage". A mes yeux, Julia, outre un physique plus qu'avantageux, c'est la "rebelle craquante", la "bad girl" du circuit. Pour résumer, Julia, c'est l'anti-Lindsey tout simplement : "Ça m'excite vraiment ces courses d'un jour, ces "one shots". Tu viens, tu fais ton show et tu t'en vas. Tu gagnes ou tu perds".
Si Lindsey a (... semblait avoir...) ce côté fille sage, qui respectait le couvre-feu imposé par ses parents quand elle allait encore à l'école, Julia, elle, aurait plutôt tendance à faire le mur. Son histoire familiale permet de comprendre un peu plus, même si ça n'explique pas tout, la personnalité de la skieuse californienne d'origine italienne. Née à Reno, dans le Nevada, Julia a passé l'essentiel de son enfance seule avec sa mère. Elle a cinq ans lorsque son père, Ciro, est arrêté pour un trafic de marijuana portant sur 140 millions de dollars. L'homme, petite frappe de la mafia, est condamné à passer neuf années derrière les barreaux, mais n'effectuera pas la totalité de sa peine pour avoir collaboré avec la justice.
Sans présence paternelle, Julia se construit. C'est grâce au ski que l'Américaine s'épanouit. A 16 ans, elle devient championne Nor-Am (le circuit américain, équivalent de la Coupe d'Europe sur le Vieux Continent). De 2002 à 2004, Julia décroche cinq titres de championne du monde junior, reléguant au second plan sa compatriote Lindsey. En 2006, elle devient la première "Girl Lange" et pose en petite tenue pour l'équipementier. Depuis, elle en a fait des choses, Julia. Sur et en dehors des pistes. "La lingerie, c'est mon truc. On peut être belle et aller vite". Elle a créé sa propre ligne de sous-vêtements "Kiss My Tiara" ("Embrassez ma couronne"), n'a pas été épargnée par les blessures, a souvent été critiquée pour passer ses étés sur une planche de surf à Hawaï que sur des skis à la montagne à s'entraîner. Aujourd'hui, il est difficile de fustiger la championne américaine. Ah si, peut-être sur le fait qu'elle partage sa vie avec le Norvégien Aksel Lund Svindal... Désolé, messieurs !

Source : Eurosport
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